Elle est là… encore un mois, elle est là…
Elle l’ancienne anorexique de 18 ans qui parle de " ça " avec une relative légereté, l’hospitalisation, la sonde, tout… Elle m’en parle naturellement, sans honte et sans fierté ; moi je l’écoute, la comprends et secrétement l’envie…
Oui, je l’envie d’avoir eu la force d’aller au bout. C’est horrible, je sais, mais je l’envie et je n’arrive pas à faire autrement…
Elle est fine, elle est belle et malgré les épreuves (je ne la connais que depuis une semaine, alors le pourquoi du comment je ne sais pas … encore) elle a l’air épanouie et son chéri y est pour beaucoup… Elle est amoureuse, elle est aimée, elle s’en est sortie sans passer par la case " mia "
Toute cette bouffe entrée en moi, en connaissance de cause, grosse vache je suis, grosse vache je resterai… Impossible de résister à une plaque de Milka… Elle aussi est gourmande et pourtant elle a résisté, résisté tant et si bien qu’elle a fini à l’hôpital, gaver comme une oie pour survivre…
Resistée… ça fait quoi quant on resiste longtemps à la tentation, sans y céder au bout de quelques jours, quelques semaines, quelques mois… Ca fait quoi d’être forte, plus forte que la faim qui tenaille, que l’estomac qui se tort de famine ?
Je l’envie, j’ai honte
Après quelques semaines, je craque, j’ouvre le frigo et englouti tout ce qu’il contient… vivement que j’ai mon chez moi que le frigo soit vide… Ne plus craquer, ne plus l’envier pour ne pas retomber, mais je glisse déjà…
La nourriture me débecte mais je l’enfonce encore tout au fond de ma gorge en pensant déjà à la privation des jours suivant pour contrebalancer l’indicible…
A part ça tout va bien, je ne suis pas malade, juste gourmande, je ne suis pas malade… à moins que ?
Et si la réponse à l’affirmative était celle qui me plaisait le plus, avoir enfin une raison d’avoir mal, une façon de sortir de moi , d’être quelqu’un, d’apparaître aux yeux des autres, car si je ne suis pas malade, je suis quoi ?
C’est stupide, c’est con, c’est ignoble, c’est intolérable, c’est moche, c’est mes pensées, c’est moi, c’est rien…
Je vais bien.
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||
Liza
Prends soin de toi surtout.
Des bisous
Lutter contre soi-même? Peine perdue. En parler? C'est si dur...
Seuls nos blogs, milliers de pixels dans l'infini, nous permettent de tout balancer et de ne pas garder ça en nous.
Je me reconnais tellement dans ce que tu écris...
Bien à toi
Maud